Get Firefox ;

xhtml ; css2 ; aaa ; ccc ;

"Ce que je réclame de vous, qui vous affirmez conseil de guerre, qui vous donnez comme mes juges, qui ne vous cachez pas comme la commission des grâces, de vous qui êtes des militaires et qui jugez à la face de tous, c'est le champ de Satory où sont déjà tombés nos frères !

* * *

Il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien, le commissaire de la république a raison. Puisqu'il semble que tout coeur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame une part, moi ! Si vous me laissez vivre, je ne cesserai de crier vengeance, et je dénoncerai à la vengeance de mes frères les assassins de la commission des grâces..."

Louise Michel

Poèmes

Chant de mort à mes frères

Nous reviendrons, Frères dans la lutte géante

j'aimais votre courage ardent

la mitraille à la voix tonnante

et notre drapeau flamboyant...

Louise Michel

*

Poème de Victor Hugo en hommage à Louise Michel :

Viro Major

*

Ayant vu le massacre immense, le combat

Le peuple sur sa croix, Paris sur son grabat,

La pitié formidable était dans tes paroles.

Tu faisais ce que font les grandes âmes folles

Et, lasse de lutter, de rêver de souffrir,

Tu disais : "j'ai tué !" car tu voulais mourir.

*

Tu mentais contre toi, terrible et surhumaine.

Judith la sombre juive, Aria la romaine

Eussent battu des mains pendant que tu parlais.

Tu disais aux greniers : "J'ai brûlé les palais !"

Tu glorifiait ceux qu'on écrase et qu'on foule.

Tu criais : "J'ai tué ! Qu'on me tue ! - Et la foule

Ecoutait cette femme altière s'accuser.

Tu semblais envoyer au sépulcre un baiser ;

Ton oeil fixe pesait sur les juges livides ;

Et tu songeais pareille aux graves Euménides.

*

La pâle mort était debout derrière toi.

Toute la vaste salle était pleine d'effroi.

Car le peuple saignant hait la guerre civile.

Dehors on entendait la rumeur de la ville.

Cette femme écoutait la vie aux bruits confus

D'en haut, dans l'attitude austère du refus.

Elle n'avait pas l'air de comprendre autre chose

Qu'un pilori dressé pour une apothéose ;

Et, trouvant l'affront noble et le supplice beau

Sinistre, elle hatait le pas vers le tombeau

Les juges murmuraient : "Qu'elle meure ! C'est juste

Elle est infâme - A moins qu'elle ne soit Auguste"

Disait leur conscience. Et les jugent, pensifs

Devant oui, devant non, comme entre deux récifs

Hésitaient, regardant la sévère coupable.

*

Et ceux qui, comme moi, te savent incapable

De tout ce qui n'est pas héroisme et vertu,

Qui savent que si l'on te disait : "D'ou viens tu ?"

Tu répondrais: "Je viens de la nuit ou l'on souffre ;

Oui, je sors du devoir dont vous faites un gouffre !

Ceux qui savent tes vers mystérieux et doux,

Tes jours, tes nuits, tes soins, tes pleurs donnés à tous,

Ton oubli de toi-même à secourir les autres,

Ta parole semblable aux flammes des apôtres ;

Ceux qui savent le toit sans feu, sans air, sans pain

Le lit de sangle avec la table de sapin

Ta bonté, ta fierté de femme populaire.

L'âpre attendrissement qui dors sous ta colère

*

Ton long regard de haine à tous les inhumains

Et les pieds des enfants réchauffés dans tes mains ;

Ceux-la, femme, devant ta majesté farouche

Méditaient, et malgré l'amer pli de ta bouche

Malgré le maudisseur qui, s'acharnant sur toi

Te jetai tout les cris indignés de la loi

Malgré ta voix fatale et haute qui t'accuse

Voyaient resplendir l'ange à travers la méduse.

*

Tu fus haute, et semblas étrange en ces débats ;

Car, chétifs comme tous les vivants d'ici-bas,

Rien ne les trouble plus que deux âmes mêlées

Que le divin chaos des choses étoilées

Aperçu tout au fond d'un grand coeur inclément

Et qu'un rayonnement vu dans un flamboiement.

Victor Hugo, Décembre 1871

*

Poème de Paul Verlaine en hommage à Louise Michel :

Ballade en l'honneur de Louise Michel

*

Madame et Pauline Roland, Charlotte.

Théroigne, Lucoile.

Presque Jeannee d'Arc, étoilant

Le front de la foule imbécile,

Nom des cieux, coeur divin qu'exile :

Cette espèce de moins que rien

France bourgeoise au dos facile

Louise Michel est très bien.

*

Elle aime le Pauvre âpre et, franc

Ou timide, elle est ta faucille

Dans Ie blé mûr pour le pain blanc

Du Pauvre, et la sainte Cécile,

Et la Muse rauque et gracile

Du Pauvre et son ange gardien

A ce simple ; à cet imbécile.

Louise Michel est très bien.

*

Gouvernements et maltalent,

Mégathérium ou bacille,

Soldat brut, robin insolent,

Ou quelque compromis fragile.

Tout cela son courroux chrétien

L'écrase d'un mépris agile.

Louise Michel est très bien.

*

Envoi

*

Citoyenne ! Votre évangile

On meurt pour ! c'est l'Honneur ! et bien

Loin des Taxil et des Bazile.

Louise Michel est très bien.

Paul Verlaine (1844-1896)


Accueil  |   Remonter  |   Page précédente ;


Mentions légales |  Plan du site |  Politique d'accessibilité |  Contact

Site sous licence ccc réalisé par Web Stands conforme W3C et WAI. |  Tester :  xhtml 1.0 strict |  css2 |  aaa |