"Aussi longtemps que l'homme ne pensera pas par lui-même et ne prendra pas les responsabilités lui incombant, il n'y aura pas de libération totale de la personne humaine."
Buenaventura Durruti
"Il est possible que nous perdions notre prochaine bataille au sens bourgeois du terme. Mais perdre une bataille ne doit jamais affecter un révolutionnaire parce qu'il se doit de savoir que l'arme sur laquelle il compte est toujours la lutte pour la cause en laquelle il croit. Pour un révolutionnaire, l'action permanente est le moteur social de l'histoire; c'est pourquoi le simple fait d'entamer un combat est déjà une victoire."
Buenaventura Durruti.
Ce tableau me fait toujours penser à Durruti, pourtant il était déjà disparu en 1937. Peut-être la force qui s'en dégage ?
Guernica se situe en Biscaye dans le nord de l'Espagne. Le 26 avril 1937, elle va entrer dans l'histoire de manière extrêmement brutale, tragique. Pendant de longues heures elle va être bombardée, martyrisée par l'aviation nazie qui soutient Franco. C'est une guerre totale dirigée contre des civils qui seront pourchassés et abattus jusque dans les collines environnantes.
Peu d’hommes ont autant que Buenaventura Durruti résumé par leur destinée la part insurrectionnelle d’une époque. Il eut la sincérité de la vivre et l’habileté de la mener sans prétendre la gouverner. Son nom reste attaché aux tentatives les plus radicales de la révolution espagnole et au mouvement anarchiste, qui prêta ses revendications les plus soucieuses d’humanité au «dernier soulèvement prolétarien».
Né à León, Durruti passe rapidement de l’école à l’atelier de mécanique, puis à la mine et à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Membre de l’Union générale des travailleurs (U.G.T.), il se fait connaître par ses interventions et sa détermination. Lors des grèves de 1917, il passe à la Confédération nationale du travail (C.N.T.), qu’il ne quittera plus.Affiche de la CNT-FAI Exilé à Gijon par la répression, il rencontre Manuel Buenacasa, qui l’initie aux théories anarchistes. Refusant le service militaire, il part pour Paris, rencontre Sébastien Faure, Louis Lecoin et Émile Cottin. En 1920, l’atmosphère révolutionnaire l’attire à Saint-Sébastien, où il adhère au groupe anarchiste dénommé Les Justiciers. Il arrive à Saragosse alors qu’une grève générale a contraint le gouverneur à libérer l’anarchiste Ascaso, qu’il avait fait emprisonner. Dans le même temps, le cardinal Soldevila engage un groupe de tueurs pour en finir avec les militants de la C.N.T. Contre les pistoleros , Durruti organisera la lutte avec Ascaso, García Oliver et les membres du groupe Les Solidaires. En réponse à l’assassinat du militant Salvador Segui, ils exécutent le cardinal Soldevila à Saragosse, puis l’ex-gouverneur de Bilbao, responsable du gangstérisme patronal. L’agitation va de pair avec la préparation d’une insurrection à Barcelone, que l’arrivée tardive des armes fit échouer. En septembre 1923, Primo de Rivera s’assurait du pouvoir, déterminant Durruti à s’exiler de nouveau en France, puis à Cuba, où, avec Ascaso et Jover, il commence une campagne d’agitation. L’exécution d’un patron qui avait fait torturer trois ouvriers grévistes les contraint à gagner le Mexique, puis à parcourir l’Amérique du Sud avant de regagner la France, où ils sont arrêtés sous l’accusation d’avoir comploté contre la vie d’Alphonse XIII. L’Argentine et l’Espagne réclament l’extradition des trois anarchistes. Lecoin et Faure obtiennent de Poincaré la libération de Durruti, Ascaso et Jover, qui sont expulsés de France et qui, voyant toutes les frontières se fermer, n’ont d’autre recours que de revenir clandestinement dans les environs de Paris. En 1928, ils passent en Allemagne, assurés de l’appui d’Eric Mühsam. De faux papiers leur permettent de rester en Belgique jusqu’en 1931, alors que l’avènement de la république espagnole autorise des espoirs, rapidement déçus. À Barcelone, Durruti, dépourvu de grands talents oratoires, mesure sa puissance de conviction en incitant, lors d’une émeute, les soldats à tourner leurs armes contre la garde civile. Sa popularité s’accroît dans le mouvement ouvrier, avec, pour contrepartie, une série d’emprisonnements.
Lors du congrès de la C.N.T. du 1er mai 1936, la conspiration militaire est dénoncée sans que le gouvernement de Front populaire se décide à réagir. La CNT contre le fascismeÀ l’instigation de Durruti et de ses amis, la C.N.T. s’empare des armes contenues dans quelques bateaux du port. Lors de l’insurrection nationaliste du 19 juillet 1936, l’intervention rapide des milices anarchistes décide d’une victoire que le gouvernement de la Généralité de Catalogne eût été bien en peine d’assurer. La prédominance ainsi acquise par la C.N.T. va disparaître à la suite d’une sorte de réflexe légaliste ou de sous-estimation de soi, qui amène la C.N.T. et la F.A.I. (Fédération anarchiste ibérique) à pactiser avec les instances gouvernementales. L’opportunité perdue par le mouvement anarchiste permettra aux forces politiques traditionnelles de se ressaisir et de préparer l’action contre la C.N.T.-F.A.I. La colonne Durruti, organisée à la hâte, fait reculer le front jusqu’à l’Èbre et libère l’Aragon, où pour la première fois dans l’histoire apparaissent, sous le nom de «collectivités», des entités sociales dont la gestion est confiée à l’ensemble des individus.
À mesure que s’instaurait l’expérience libertaire, le gouvernement central s’employait à neutraliser l’action de Durruti: refus de lui accorder des armes, tracasseries administratives et hostilité de plus en plus active du Parti communiste.La colonne Durruti Lors de l’offensive contre Madrid, en octobre-novembre 1936, la colonne Durruti est appelée à la rescousse et dirigée sur le quartier le plus menacé. Le 19 novembre, Durruti est mortellement blessé dans des conditions assez mystérieuses (crime ou accident;). Sa disparition et l’affaiblissement des milices anarchistes allaient faciliter une politique de répression, qui culmina avec la liquidation des collectivités aragonaises et les affrontements de Barcelone en 1937.
À la différence d’autres responsables anarchistes, Durruti ne s’est jamais autorisé des succès remportés pour s’arroger quelque pouvoir personnel que ce soit. Son erreur fut peut-être de s’accommoder des mécanismes d’un pouvoir en place, qui ne pouvait que se dresser contre lui.
Source: Fraternité Libertaire
14 juillet 1896: Naissance de Buenaventura Durruti à Léon.
1913: Durruti est employé comme tourneur de fer et entre en Avril à l'union des métallurgistes. Début de sa vie militante et syndicale.
1922: Durruti, Ascaso, Garcia Oliver etc. vont former le groupe Solidarios.
3 objectifs:
- abattre les tueurs à gage du patronat et de l'état,
- maintenir les structures syndicales de la CNT,
- mettre sur pied une Fédération Anarchiste.
Décembre 1924: face à la répression impitoyable il s'embarque pour l'Amérique latine, Mexique et Argentine. Il multiplie les attaques de Banque afin de financer des projets, construction d'écoles et le mouvement anarchiste...
1928: Durruti et Ascaso se trouvent à Berlin.
Avril 1931: il est arrêté à Gérone sous l'accusation de tentative d'attenta contre le roi Alphonse XIII. La population attaque la prison, la grève générale est déclenchée au bout de trois jours il est relâché.
1933: le choix est clair révolution ou fascisme, il n'y avait pas d'autre issue. Malgré l'abdication d'Alphonse XIII, et la proclamation de la République, la réforme agraire ne se fait pas. Les paysans par endroit passent à l'action. La garde civile intervient violemment.
8 décembre 1933: le gouvernement instaure l'état de siège, et brise la révolte. Durruti arrêté à Barcelone est transféré à Sragosse pour être jugé.
5 octobre 1934: Les fascistes rentrent au gouvernement. La grève d'octobre 34 fait de nombreuses victimes. La répression est menée par un Général (Franco). Le 17 octobre la peine de mort est rétablie pour les délits sociaux.
Janvier 1936: Durruti sort de prison. Le simple fait d'entamer un combat est une victoire !
16 février 1936: victoire du Front Populaire.
16 juillet 1936: au Maroc, Franco, appuyé par les banques, l'église et les parties de droite prend la tête du prononciamiento. L'Allemagne et l'Italie le soutiennent.
19 juillet 1936: l'image symbole, c'est le début de la Révolution par la destination de la prison des femmes de Barcelone. A noter que Léon Blum et Churchill refusent d'aider l'Espagne en partie par crainte de troubles dans leurs colonies. Le débat important est en Espagne l'armement possible des travailleurs. Les républicains s'y opposent. La situation politique était très différente d'une ville à l'autre en fonction des supports de force politique entre les républicains et les anarchistes.
13 novembre 1936: la colonne Durruti arrive à Madrid pour y assurer sa défense. La bataille fait rage dans la cité universitaire. Durruti reçoit une balle et meurt le lendemain. Il fut enterré à Barcelone le 22 décembre où cinq cent mille personnes descendirent dans la rue pour lui rendre hommage.
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